Morena-Serbie

"Je replonge avec délectation dans le souvenir de ce petit restaurant niché dans un écrin de roche solide. Dans cette salle aux grandes tablées à l’austérité joyeuse. La rakya ( alcool familial réalisé a base de prunes) envahissant chaleureusement mes veines. Trois Tsiganes armés d’un accordéon, d’une guitare et d’un violon entonnant une mélopée puissante et magistrale. Mes jambes qui n’en peuvent plus et mon esprit courant d’une note à une autre. La magie de cette musique qui me pousse comme une main invisible sur la scène…Je danse, danse, danse. Les musiciens m’entourent de leurs instruments incarnés, m’empêchent de quitter le cercle, de quitter la transe. Une deux trois puis 20 personnes se lèvent et dansent en un joyeux bordel, les tables volent avec les notes, l’alcool voyage de mains en mains. Les vieux, les gosses les gros, les maigres, les riches les pauvres. Tous sauvagement unis par l’amour de la musique. Libres, si libres…"

Morena, Carnet de Voyage en Bosnie, 2010

Morena

Ayant passé la moitié de sa vie d'adulte sur les chemins du Monde, Morena est attirée par les musiques nomades : elles savent faire vibrer les cordes les plus graves de sa mécanique intérieure.

C'est d'abord à Séville qu'elle trouve son inspiration en partant tous les ans apprendre le Flamenco auprès des plus grands ( Juana Amaya, Juan De Los Reyes, Ursula Lopez, Choni Perez, Juan Paredes...) afin de laisser "el sentimiento" investir son style. Elle saupoudre le feu gitan de rumeurs d'Orient car le Maroc est le pays de son sang.

On sent dans sa danse Orientale toute sa passion pour son Pays, de la couleur du grain de sable à la fleur d'oranger qui parfume le lait. Son périple aux confins de L'Est l'a poussée vers les routes Balkaniques et elle à entrepris une formation professionnalisante auprès du Maître de Danse Tzigane Russe Petia Iourchenko. Elle pratique également La Danse tribale Américaine : Un mélange délicat entre les danses originelles Orientales, flamencas et indiennes. Ayant un diplôme de conférencière depuis 2007, elle n'imagine pas voyager dans ces pays sans comprendre l'Autre et réalise des conférences-spectacles autour des peuples nomades.